La jeune femme passa sa main dans ses boucles brunes. Depuis quelques jours, elle pensait et repensait aux paroles de l'ange qu'elle avait aveuglé. Sa dernière victime, en fait. Elle n'arrivait pas à croire qu'une personne puisse, dans quelque cas que ce soit, accepter d'être envoyée dans le néant. Elle grimaça et ferma les yeux. Ce garçon l'intriguait, elle admirait en un sens son courage et une irrésistible envie de le revoir l'envahissait. Elle se mordit la lèvre et réalisa qu'il avait réussi à lui donner pitié. Cette pensée l'horrifia. Elle ne pouvait pas se permettre de tels sentiments envers un prisonnier. Mais cette envie était trop forte pour être ignorée. Elle se leva et sortit de sa chambre. En chemin, elle croisa quelques démons qui s'inclinèrent respectueusement face à elle. Les prisons n'étaient pas bien loin.
Arrivée devant la cellule de Leoden, elle lança un regard froid au garde posté devant celle-ci.
_Ouvrez, je dois m'occuper de l'ange.
Le garde s'inclina et obéit. Il passa sa clé dans le loquet de la porte et la poussa. Temari pénétra la cellule et referma la porte derrière elle. Après tout, elle n'avait rien à craindre car l'ange était toujours enchaîné au mur par les mêmes chaînes gorgées de magie noire. Leoden s'agita, inquiet. Il portait toujours son pantalon, qui était noirci de saleté.
Le garde s'inclina et obéit. Il passa sa clé dans le loquet de la porte et la poussa. Temari pénétra la cellule et referma la porte derrière elle. Après tout, elle n'avait rien à craindre car l'ange était toujours enchaîné au mur par les mêmes chaînes gorgées de magie noire. Leoden s'agita, inquiet. Il portait toujours son pantalon, qui était noirci de saleté.
_C'est toi? s'inquiéta le jeune homme.
_Oui...
La voix de la jeune femme était légèrement cassée.
_Pourquoi es-tu là? murmura l'ange.
Elle s'accroupit à ses côtés, afin qu'il fut le seul à entendre ce qu'elle dirait. Ce qu'elle s’apprêtait à dire pouvait être compromettant pour une dame de son rang.
_Tu m'intrigues, Leoden.
Elle lui caressa la joue, il frémit. Cette réaction, qui quelques jours auparavant l'auraient faite jubiler, la firt plutôt se sentir coupable et honteuse.
_Un si grand cœur... Protéger un inconnu à un tel prix.
Elle se mordit la lèvre tandis qu'une larme solitaire roulait sur la joue de son interlocuteur. Même si les yeux de celui-ci étaient opaques, elles pouvaient y lire de la souffrance et une éternelle tristesse. Il déglutit et serra les poings.
_Je ne faillirai pas, siffla t-il.
_Je sais.
Les iris opaques du jeune homme se tournèrent vers elle, vers la source de cette voix qui lui avait parut si déterminée et presque fière. Il s'humecta les lèvres, tremblant.
_Alors que fais-tu ici?
L'ignorant presque, mais répondant ainsi à sa question, elle cria :
_Garde, les clés!
L'homme aux muscles saillants, chargé de la surveillance de la cellule du jeune ange, se précipita vers Temari, et lui tendit les clés en ployant le cou. Elle inspirait terreur aux pires créatures engendrées par les enfers grâce à ses pouvoirs et à son statut. D'un geste fluide et vif, elle prit le trousseau et, d'un même mouvement, fit tomber les chaînes du captifs qui poussa un gémissement de surprise. Le garde, tout aussi choqué que lui, arqua un sourcil et entrouvrit les lèvres pour formuler sa question.
_J'en informerai ma mère, j'ai d'autres idées pour le faire parler. Cependant, menez moi des chaînes noires libres que je puisse le déplacer dans mes quartiers sans souci. Je me charge moi même de son déplacement.
Le garde s'inclina sans demander son reste et partit chercher ce que lui demandait la jeune femme.
_Que-? entama Leoden.
Elle posa son index sur les lèvres du jeune homme, bloquant le passage d'un quelconque son.
_Laisse moi faire, fais moi... confiance...
Ce mot, ce dernier mot lui parut presque aussi brûlant qu'une braise à peine sortie de son foyer ardent. Le choc d'avoir entendu ce terme laissa le jeune ange dans le même état que la jeune femme qui tenait son doigt posé sur sa bouche. Contre toute attente, il trouvait ce contact plutôt doux, moins rude qu'avec ses habituels bourreaux. Le garde revint, tenant dans sa main l'objet réclamé par sa supérieure hiérarchique. Cependant, il installa lui même les nouvelles entraves du prisonnier puis en déposa les clés dans la paume ouverte de Temari. D'un geste brusque pour paraître réaliste, elle poussa le jeune homme vers l'extérieur.
En chemin, il trébucha quelques fois. Temari ne le ménageait pas lorsqu'ils croisaient une quelconque personne. Elle était même allée jusqu'à utiliser contre lui un sort de douleur, sort qu'elle lui avait fait endurer cent fois plus fort avant de l'aveugler au fer rouge quelques temps auparavant. Les menottes de ses chaînes meurtrissaient sa chair, plus que celles qu'il portait d'habitude en cellule. Le garde avait vraiment serré très fort. Enfin, ils arrivèrent à destination : le pavillon royal. La jeune femme le guida avec douceur vers sa propre chambre. Avec douceur car personne n'était en vue. Elle poussa la porte de son domaine et y fit entrer l'ange qui chuta finalement, trébuchant sur un tapis. A la hâte, Temari ferma la porte à clé derrière elle et aida le jeune homme à se relever. Avec précaution elle lui ôta ses entraves. Il grimaça en massant ses poignets et, malgré son courage, versa une larme. Remarquant sa douleur, la jeune reine sombre se mordit la lèvre.
_Montre, fit-elle finalement.
Il tendit les bras vers elle. La peau était rougie et parfois écorchée à certains endroits. Du sang coulait de sa main gauche. Même si ses pouvoirs étaient en grande partie composés de noirceur, elle avait appris secrètement une magie régénérante auprès d'un très ancien captif. A cette époque là, elle n'était qu'une enfant innocente et désireuse de faire le moins de mal possible. Mais depuis, ses devoirs l'avaient forgée en monstre. Délicatement, elle effleura la peau abîmée.
_Aïe! s'exclama doucement Leoden.
_Désolée... Les mots ont du mal à me revenir... Cela fait bien longtemps que je n'ai pas utilisé cette catégorie de magie...
Les paroles lui revinrent. Elle les prononça d'une voix que seule elle put entendre, et la chair fut restaurée à la croûte près. Aucune trace n'aurait pu montrer qu'elle avait été quelques minutes plus tôt ravagées par des entraves de métal gorgé d'énergie noire.
_Que vas-tu faire de moi, ici?
Temari s'allongea sur son lit, l'ange assis à ses côtés. Il tremblait. De froid, certainement pas, la température avoisinait celle les 45°.
_Rien. Tu ne me fais toujours pas confiance, hein?
Elle soupira.
_Mais je comprends. Après tout, tu as été torturé sans relâche pendant trois années de ta vie, et qui plus est, tu es désormais infirme par ma faute. Je ne peux pas t'en vouloir.
_Merci.
Elle mit un moment à réaliser qu'il venait de la remercier, elle, source de sa cécité. Elle tourna la tête vers lui et l'observa. Il venait de fourrer son visage dans ses mains.
_Arrêtes de pleurer, je t'en prie! chuchota t-elle.
Il écarta doucement ses paumes de ses paupières, sourcils froncés.
_Ressentirais-tu de la pitié, Reine Sombre?
_Temari, je m'appelle Temari.
Et elle évita soigneusement de répondre à la question.
La voix de la jeune femme était légèrement cassée.
_Pourquoi es-tu là? murmura l'ange.
Elle s'accroupit à ses côtés, afin qu'il fut le seul à entendre ce qu'elle dirait. Ce qu'elle s’apprêtait à dire pouvait être compromettant pour une dame de son rang.
_Tu m'intrigues, Leoden.
Elle lui caressa la joue, il frémit. Cette réaction, qui quelques jours auparavant l'auraient faite jubiler, la firt plutôt se sentir coupable et honteuse.
_Un si grand cœur... Protéger un inconnu à un tel prix.
Elle se mordit la lèvre tandis qu'une larme solitaire roulait sur la joue de son interlocuteur. Même si les yeux de celui-ci étaient opaques, elles pouvaient y lire de la souffrance et une éternelle tristesse. Il déglutit et serra les poings.
_Je ne faillirai pas, siffla t-il.
_Je sais.
Les iris opaques du jeune homme se tournèrent vers elle, vers la source de cette voix qui lui avait parut si déterminée et presque fière. Il s'humecta les lèvres, tremblant.
_Alors que fais-tu ici?
L'ignorant presque, mais répondant ainsi à sa question, elle cria :
_Garde, les clés!
L'homme aux muscles saillants, chargé de la surveillance de la cellule du jeune ange, se précipita vers Temari, et lui tendit les clés en ployant le cou. Elle inspirait terreur aux pires créatures engendrées par les enfers grâce à ses pouvoirs et à son statut. D'un geste fluide et vif, elle prit le trousseau et, d'un même mouvement, fit tomber les chaînes du captifs qui poussa un gémissement de surprise. Le garde, tout aussi choqué que lui, arqua un sourcil et entrouvrit les lèvres pour formuler sa question.
_J'en informerai ma mère, j'ai d'autres idées pour le faire parler. Cependant, menez moi des chaînes noires libres que je puisse le déplacer dans mes quartiers sans souci. Je me charge moi même de son déplacement.
Le garde s'inclina sans demander son reste et partit chercher ce que lui demandait la jeune femme.
_Que-? entama Leoden.
Elle posa son index sur les lèvres du jeune homme, bloquant le passage d'un quelconque son.
_Laisse moi faire, fais moi... confiance...
Ce mot, ce dernier mot lui parut presque aussi brûlant qu'une braise à peine sortie de son foyer ardent. Le choc d'avoir entendu ce terme laissa le jeune ange dans le même état que la jeune femme qui tenait son doigt posé sur sa bouche. Contre toute attente, il trouvait ce contact plutôt doux, moins rude qu'avec ses habituels bourreaux. Le garde revint, tenant dans sa main l'objet réclamé par sa supérieure hiérarchique. Cependant, il installa lui même les nouvelles entraves du prisonnier puis en déposa les clés dans la paume ouverte de Temari. D'un geste brusque pour paraître réaliste, elle poussa le jeune homme vers l'extérieur.
En chemin, il trébucha quelques fois. Temari ne le ménageait pas lorsqu'ils croisaient une quelconque personne. Elle était même allée jusqu'à utiliser contre lui un sort de douleur, sort qu'elle lui avait fait endurer cent fois plus fort avant de l'aveugler au fer rouge quelques temps auparavant. Les menottes de ses chaînes meurtrissaient sa chair, plus que celles qu'il portait d'habitude en cellule. Le garde avait vraiment serré très fort. Enfin, ils arrivèrent à destination : le pavillon royal. La jeune femme le guida avec douceur vers sa propre chambre. Avec douceur car personne n'était en vue. Elle poussa la porte de son domaine et y fit entrer l'ange qui chuta finalement, trébuchant sur un tapis. A la hâte, Temari ferma la porte à clé derrière elle et aida le jeune homme à se relever. Avec précaution elle lui ôta ses entraves. Il grimaça en massant ses poignets et, malgré son courage, versa une larme. Remarquant sa douleur, la jeune reine sombre se mordit la lèvre.
_Montre, fit-elle finalement.
Il tendit les bras vers elle. La peau était rougie et parfois écorchée à certains endroits. Du sang coulait de sa main gauche. Même si ses pouvoirs étaient en grande partie composés de noirceur, elle avait appris secrètement une magie régénérante auprès d'un très ancien captif. A cette époque là, elle n'était qu'une enfant innocente et désireuse de faire le moins de mal possible. Mais depuis, ses devoirs l'avaient forgée en monstre. Délicatement, elle effleura la peau abîmée.
_Aïe! s'exclama doucement Leoden.
_Désolée... Les mots ont du mal à me revenir... Cela fait bien longtemps que je n'ai pas utilisé cette catégorie de magie...
Les paroles lui revinrent. Elle les prononça d'une voix que seule elle put entendre, et la chair fut restaurée à la croûte près. Aucune trace n'aurait pu montrer qu'elle avait été quelques minutes plus tôt ravagées par des entraves de métal gorgé d'énergie noire.
_Que vas-tu faire de moi, ici?
Temari s'allongea sur son lit, l'ange assis à ses côtés. Il tremblait. De froid, certainement pas, la température avoisinait celle les 45°.
_Rien. Tu ne me fais toujours pas confiance, hein?
Elle soupira.
_Mais je comprends. Après tout, tu as été torturé sans relâche pendant trois années de ta vie, et qui plus est, tu es désormais infirme par ma faute. Je ne peux pas t'en vouloir.
_Merci.
Elle mit un moment à réaliser qu'il venait de la remercier, elle, source de sa cécité. Elle tourna la tête vers lui et l'observa. Il venait de fourrer son visage dans ses mains.
_Arrêtes de pleurer, je t'en prie! chuchota t-elle.
Il écarta doucement ses paumes de ses paupières, sourcils froncés.
_Ressentirais-tu de la pitié, Reine Sombre?
_Temari, je m'appelle Temari.
Et elle évita soigneusement de répondre à la question.
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