samedi 10 novembre 2012

Dure réalité

Trois jours. Trois jours qu'il séjournait dans sa chambre, à l'abri des violences ordonnées par sa mère. De temps à autre, elle lui demandait de crier, pour laisser penser qu'elle s'occupait sévèrement de son cas. Mais malgré tout ce qu'elle faisait pour l'aider, elle remarquait qu'il la craignait toujours autant. La veille, lorsqu'elle lui avait pris la main pour l'aider à manger, il en eut un haut le cœur. Il détestait toujours autant les contacts physiques avec elle.
_Tu me hais, hein? lui demanda t-elle dans la soirée.
Le jeune homme baissa les yeux et se recroquevilla. La réponse était claire. 
_Comme je te l'ai déjà dit, je comprends mais... T'ai-je fait du mal depuis? demanda t-elle d'une voix douce.
Il secoua lentement la tête et fourra sa tête dans le creux formé par ses genoux serrés.
_Je... ne suis pas prêt à pardonner. murmure t-il.
Elle se laissa tomber en arrière sur son lit. A tâtons, il essaya de se rapprocher d'elle, puis il parut gêné et se mordilla l'index.
_Puis-je... toucher ton visage?
Cette question était assez inattendue. La jeune femme, prise au dépourvu, ne sut pas tout de suite quoi répondre. Mais après tout, elle n'avait rien à craindre d'un ange aveugle.
_Vas y.
Elle lui prit les mains. Il frémit légèrement lorsque la pulpe de ses doigts effleura le visage de la reine sombre. Cette peau, contre toute attente, était douce et tout juste tiède. Il s'attendait à toucher un brasier.
_Compte tu me faire du mal? demanda t-il avec assurance.
Elle fronça les sourcils, mais ne rompit pas le contact.
_Bien sur que non!
_Pourquoi? finit par demander le jeune homme, la voix chevrotante.
Une vibration étrange la parcourut. La jeune femme écarta violemment les mains du jeune ange qui eut un mouvement de recul. Pendant un court instant, elle eut l'impression qu'il avait lu en elle après lui avoir posé cette question.
_Tu... as osé lire en moi?! gémit elle.
_Je te sentais mal à l'aise, je voulais savoir pourquoi! Je... Je le sais à présent.
Il eut un tout petit sourire qui illumina son visage meurtri par la torture, la terreur et l'angoisse. A cet instant, elle réalisa elle-même pourquoi elle était mal à l'aise. Elle ne voulait pas y croire jusqu'à présent, mais il lui avait fait affronter ses propres sentiments. Elle s'avança doucement et posa sa main sur le torse du jeune homme. Celui-ci suivit le mouvement et s'allongea doucement. Avec délicatesse, elle lui caressa la joue et l'embrassa sur la bouche. Il frissonna, ce qui la fit reculer.
_Non, continues... souffla t-il.
Elle sourit et répéta la manœuvre.

Temari regrettait amèrement ce qu'elle venait de faire. Elle devait empester l'ange. Endormi à ses côtés, il paraissait si paisible, comme loin de cet enfer. Elle soupira et se frappa le front. Quelle idée de fricoter avec une créature du ciel... Fort heureusement son instinct noir l'avait freinée dans son élan et ils en étaient restés aux baisers plus ou moins torrides. Ah si l'une de ses sœurs l'apprenait... Soudain des pulsions violentes l'envahirent, faisant ressurgir sa vraie nature de démone sadique.  Pendant un instant, elle s'imagina lui faire subir les pires horreurs. Leoden battit des paupières.
_Tu ne dors pas?
Les pulsions s'évanouirent, remplacées par la petite pincée d'amour qu'elle ressentait pour lui et qui suffisait amplement pour l'humaniser. 
_Oh non, je dors rarement. Mais toi, reposes toi.
_Tu regrettes hein...
Elle ferma les yeux. Elle ne pouvait pas lui mentir.
_Oui. Tu t'imagines? La Reine Sombre aînée amoureuse d'un ange captif?
_Et moi alors? rétorqua t-il immédiatement.
Il eut un petit rire nerveux.
_J'ai été torturé trois ans et je manque d'avoir une relation charnelle avec la créature qui m'a pris mes yeux. Ah notre histoire est vraiment paradoxale.
Il déglutit en pensant à une chose. Ou plutôt, à une question. Mais il voulait en avoir le cœur net.
_Temari?
_Hmm?
Il inspira profondément.
_Tu peux me promettre de ne plus jamais me faire de mal? C'est important chez nous les anges, les promesses.
Elle opina, mais réalisant qu'il n'avait pas vu son geste, elle posa sa main sur celle de l'ange.
_P...
C'était contre nature pour elle. Cependant, elle hésita à peine une seconde.
_Promis.
Elle se redressa et se massa les tempes. Une présence noire approchait. Faible, mais présente. Elle ne tarderait pas à arriver. Affolée, Temari se leva et saisit les chaînes gorgées de magie au passage. Entendant un léger cliquetis, le jeune homme grinça des dents. Il comprit et tendit machinalement les mains. Ils avaient dû mettre en scène son "interrogatoire particulier" deux fois depuis la veille. Les menottes se refermèrent sur ses poignets, et la pulpe de l'index de la jeune fille toucha quelques endroits bien visibles sur son corps et son visage. Des ecchymoses factices pour tromper l'ennemi. Il se jeta à terre et s'éloigna le plus possible du lit de la jeune femme. Celle-ci se recoiffa rapidement et enfila une robe, car jusqu’à présent elle était en chemise de nuit. Quelqu'un frappa à la porte.
_Entrez, cingla Temari.
Un garde pénétra la chambre.
_Votre mère... vous demande. C'est urgent.
_J'arrive.
Elle marcha jusqu'à l'encadrement de sa porte.
_A tout à l'heure, l'ange, grinça t-elle.

Il attendit moins de cinq minutes. Il sursauta lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir et se fermer, ne s'attendant pas à la voir revenir plus tôt. 
_C'est moi.
Il ne se retint pas de sourire. Il tendit les mains.
_Tu me les enlèves?
La jeune femme s'approcha de lui et tira sur les chaînes. Surpris, il poussa un petit gémissement. La pointe d'un couteau effleura son flanc nu.
_Qu'est-ce que tu fais?! gémit-il.
Et la lame traversa la chair. 
Une heure, il passa une longue heure à se faire ainsi torturer, par la lame ou par les sorts de celle dont il pensait avoir obtenu les faveurs. Elle partit sans mot dire, le laissant étendu sur un lit souillé de sang. Il n'avait pas délié sa langue, malgré sa douleur tant physique que morale. Les draps étaient également mouillés de larmes. De larmes de déception.
_Tu as simplement cédé... souffla t-il. Je te pensais plus forte que ton instinct de monstre... Quelques nouvelles larmes rejoignirent les autres. J'avais... bien senti que quelque chose n'allait pas tout à l'heure...

_Bon, tu as fini mère?
_Oui, tu peux retourner dans ta chambre.
Soulagée, la jeune fille se dirigea vers ses quartiers. En chemin, elle croisa une de ses sœurs, Pandora, vêtue de la même robe qu'elle. Son aura lui était familière. Temari eut un hoquet lorsqu'elle réalisa que c'était la sienne. Elle se rua sur sa cadette et la saisit par le col. Le sourire satisfait qu'elle affichait ne laissait présager rien de bon.
_Toi! Qu'est-ce que tu as encore fait?!
Sa petite soeur ricana.
_J'ai fait joujou avec ton jouet, sous TA forme. C'est comme ça, que tu questionnes un prisonnier? En le bécotant? Laisses moi rire frangine! Maman veut le Daikin, elle ne te laissera pas le sauver. Je te rends service en lui faisant réaliser que tu es un monstre. Tu auras moins de mal à l'achever quand il aura craché le morceau.
Une averse de larmes s'abattit sur les joues de Temari.
_Oh! Toi, la grande Temari, tu pleures?
Pour toute réponse, elle la lâcha violemment et la laissa s'affaisser lourdement au sol. Elle avait raison, sa cadette avait raison! Désormais, il devait la haïr. Mais rien n'était encore perdu. Elle sécha ses larmes et courut vers sa chambre. Elle trouva Leoden, baignant dans son sang. Mais il était encore en vie. A distance, elle lança les sorts de guérisons qui refermèrent et guérirent les plaies les plus graves. Elle se concentra, et focalisa une grande partie de sa puissance dans sa main. Un rayon fusa de sa paume et touche le jeune homme. Elle savait où elle allait l'envoyer. Loin, très loin de cet endroit maudit. Dans une explosion de lumière noire, il disparut. Elle répéta l'opération en touchant son front, mais ne voulait pas aller au même endroit que lui. Après tout le refuge où elle l'avait expédié n'accueillait pas les créatures comme elle. Mais une amie, jadis créature noire, lui avait confié la future création d'un refuge pour les monstres en exil, qu’elle fonderait elle-même.
_Parfait. 
Elle chercha mentalement son amie, et la trouva quelque part sur la terre des hommes.
_A tout de suite, Acinigi.
 
     

mardi 6 novembre 2012

Temari... plus si cruelle?

La jeune femme passa sa main dans ses boucles brunes. Depuis quelques jours, elle pensait et repensait aux paroles de l'ange qu'elle avait aveuglé. Sa dernière victime, en fait. Elle n'arrivait pas à croire qu'une personne puisse, dans quelque cas que ce soit, accepter d'être envoyée dans le néant. Elle grimaça et ferma les yeux. Ce garçon l'intriguait, elle admirait en un sens son courage et une irrésistible envie de le revoir l'envahissait. Elle se mordit la lèvre et réalisa qu'il avait réussi à lui donner pitié. Cette pensée l'horrifia. Elle ne pouvait pas se permettre de tels sentiments envers un prisonnier. Mais cette envie était trop forte pour être ignorée. Elle se leva et sortit de sa chambre. En chemin, elle croisa quelques démons qui s'inclinèrent respectueusement face à elle. Les prisons n'étaient pas bien loin.

Arrivée devant la cellule de Leoden, elle lança un regard froid au garde posté devant celle-ci.
_Ouvrez, je dois m'occuper de l'ange.  
Le garde s'inclina et obéit. Il passa sa clé dans le loquet de la porte et la poussa. Temari pénétra la cellule et referma la porte derrière elle. Après tout, elle n'avait rien à craindre car l'ange était toujours enchaîné au mur par les mêmes chaînes gorgées de magie noire. Leoden s'agita, inquiet. Il portait toujours son pantalon, qui était noirci de saleté. 
_C'est toi? s'inquiéta le jeune homme.
_Oui...
La voix de la jeune femme était légèrement cassée.
_Pourquoi es-tu là? murmura l'ange.
Elle s'accroupit à ses côtés, afin qu'il fut le seul à entendre ce qu'elle dirait. Ce qu'elle s’apprêtait à dire pouvait être compromettant pour une dame de son rang.
_Tu m'intrigues, Leoden.
Elle lui caressa la joue, il frémit. Cette réaction, qui quelques jours auparavant l'auraient faite jubiler, la firt plutôt se sentir coupable et honteuse.
_Un si grand cœur... Protéger un inconnu à un tel prix.  
Elle se mordit la lèvre tandis qu'une larme solitaire roulait sur la joue de son interlocuteur. Même si les yeux de celui-ci étaient opaques, elles pouvaient y lire de la souffrance et une éternelle tristesse. Il déglutit et serra les poings.
_Je ne faillirai pas, siffla t-il.
_Je sais.
Les iris opaques du jeune homme se tournèrent vers elle, vers la source de cette voix qui lui avait parut si déterminée et presque fière. Il s'humecta les lèvres, tremblant.
 _Alors que fais-tu ici?
L'ignorant presque, mais répondant ainsi à sa question, elle cria :
_Garde, les clés!
L'homme aux muscles saillants, chargé de la surveillance de la cellule du jeune ange, se précipita vers Temari, et lui tendit les clés en ployant le cou. Elle inspirait terreur aux pires créatures engendrées par les enfers grâce à ses pouvoirs et  à son statut. D'un geste fluide et vif, elle prit le trousseau et, d'un même mouvement, fit tomber les chaînes du captifs qui poussa un gémissement de surprise. Le garde, tout aussi choqué que lui, arqua un sourcil et entrouvrit les lèvres pour formuler sa question.
_J'en informerai ma mère, j'ai d'autres idées pour le faire parler. Cependant, menez moi des chaînes noires libres que je puisse le déplacer dans mes quartiers sans souci. Je me charge moi même de son déplacement.
Le garde s'inclina sans demander son reste et partit chercher ce que lui demandait la jeune femme.
_Que-? entama Leoden.
 Elle posa son index sur les lèvres du jeune homme, bloquant le passage d'un quelconque son.
_Laisse moi faire, fais moi... confiance...
Ce mot, ce dernier mot lui parut presque aussi brûlant qu'une braise à peine sortie de son foyer ardent. Le choc d'avoir entendu ce terme laissa le jeune ange dans le même état que la jeune femme qui tenait son doigt posé sur sa bouche. Contre toute attente, il trouvait ce contact plutôt doux, moins rude qu'avec ses habituels bourreaux. Le garde revint, tenant dans sa main l'objet réclamé par sa supérieure hiérarchique. Cependant, il installa lui même les nouvelles entraves du prisonnier puis en déposa les clés dans la paume ouverte de Temari. D'un geste brusque pour paraître réaliste, elle poussa le jeune homme vers l'extérieur.

En chemin, il trébucha quelques fois. Temari ne le ménageait pas lorsqu'ils croisaient une quelconque personne. Elle était même allée jusqu'à utiliser contre lui un sort de douleur, sort qu'elle lui avait fait endurer cent fois plus fort avant de l'aveugler au fer rouge quelques temps auparavant. Les menottes de ses chaînes meurtrissaient sa chair, plus que celles qu'il portait d'habitude en cellule. Le garde avait vraiment serré très fort. Enfin, ils arrivèrent à destination : le pavillon royal. La jeune femme le guida avec douceur vers sa propre chambre. Avec douceur car personne n'était en vue. Elle poussa la porte de son domaine et y fit entrer l'ange qui chuta finalement, trébuchant sur un tapis. A la hâte, Temari ferma la porte à clé derrière elle et aida le jeune homme à se relever. Avec précaution elle lui ôta ses entraves. Il grimaça en massant ses poignets et, malgré son courage, versa une larme. Remarquant sa douleur, la jeune reine sombre se mordit la lèvre.
 _Montre, fit-elle finalement.
Il tendit les bras vers elle. La peau était rougie et parfois écorchée à certains endroits. Du sang coulait de sa main gauche. Même si ses pouvoirs étaient en grande partie composés de noirceur, elle avait appris secrètement une magie régénérante auprès d'un très ancien captif. A cette époque là, elle n'était qu'une enfant innocente et désireuse de faire le moins de mal possible. Mais depuis, ses devoirs l'avaient forgée en monstre. Délicatement, elle effleura la peau abîmée.
_Aïe! s'exclama doucement Leoden.
_Désolée... Les mots ont du mal à me revenir... Cela fait bien longtemps que je n'ai pas utilisé cette catégorie de magie...
Les paroles lui revinrent. Elle les prononça d'une voix que seule elle put entendre, et la chair fut restaurée à la croûte près. Aucune trace n'aurait pu montrer qu'elle avait été quelques minutes plus tôt ravagées par des entraves de métal gorgé d'énergie noire.
_Que vas-tu faire de moi, ici?
Temari s'allongea sur son lit, l'ange assis à ses côtés. Il tremblait. De froid, certainement pas, la température avoisinait celle les 45°. 
_Rien. Tu ne me fais toujours pas confiance, hein?
Elle soupira.
_Mais je comprends. Après tout, tu as été torturé sans relâche pendant trois années de ta vie, et qui plus est, tu es désormais infirme par ma faute. Je ne peux pas t'en vouloir.
_Merci.
Elle mit un moment à réaliser qu'il venait de la remercier, elle, source de sa cécité. Elle tourna la tête vers lui et l'observa. Il venait de fourrer son visage dans ses mains.
_Arrêtes de pleurer, je t'en prie! chuchota t-elle. 
Il écarta doucement ses paumes de ses paupières, sourcils froncés.
_Ressentirais-tu de la pitié, Reine Sombre?
_Temari, je m'appelle Temari.
Et elle évita soigneusement de répondre à la question.   
          

vendredi 27 juillet 2012

Leoden

Temari repoussa quelques mèches noires lui tombant sur le visage. Un garde, posté devant la cellule qu'elle était venue visiter, s'inclina profondément, son front touchant le sol brûlant. Elle hocha la tête et le regarda se relever. Les lèvres tremblantes, il n'osait formuler sa question. La reine sombre prit les devant :
_Ma mère m'envoie interroger personnellement l'ange. Elle m'a dit que les Raskhân n'arrivaient à rien...
_Et elle a raison, cet ange résiste à tout ce qu'ils lui font subir. Il est coriace, mais face à vous Majesté, Reine sombre aussi puissante que notre Maîtresse en personne, il ploiera.
Il s'inclina une nouvelle fois, mais pas aussi bas et resta debout, puis ouvrit la porte de la cellule. Au fond de celle-ci, enchaîné au mur par des liens suintants de magie noire, se tenait un jeune homme dénudé à la peau mat et aux yeux bleus. Apeuré, il se recroquevilla, ramenant ses jambes contre son torse nu. Temari s'humecta les lèvres et s'accroupit près de lui.
_Sens tu qui je suis? demanda t-elle d'un ton amer.
Il opina faiblement.
_Vous êtes une Reine sombre, progéniture de Satan.
Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femmes. Elle saisit entre son pouce et son index le menton du prisonnier et le força à la regarder dans les yeux.
_Sais-tu pourquoi je suis ici?
Il fronça les sourcils et cracha au visage de Temari qui ferma les yeux avant que la salive ne les atteigne.
_Je ne vous dirai rien! siffla t-il.
La reine sombre prit un mouchoir dans une des poches de sa robe aussi noire que ses cheveux, et s'essuya le visage. Ses yeux brillaient d'une lueur malsaine, presque sadique. D'un geste violent, elle fourra le morceau de tissus dans la bouche entrouverte de l'ange qui gémit de surprise. Elle approcha son visage du sien et murmura à son oreille :
_Tu veux jouer? Jouons.
Elle passa sa main au dessus du corps du captif qui fut secoué de spasmes. Des cris étouffés s'échappaient d'entre ses lèvres. Temari serra le poing et retira sa main. De la sueur coulait sur le front et les tempes du jeune homme qui haletait. Avec délicatesse, elle retira le mouchoir qui lui avait servi de baîllon.
_Où est le Daikin? Sur qui est-il posé? Si tu réponds, ta mort sera rapide.
La prisonnier déglutit mais secoua la tête. Il plongea ses yeux bleus dans les iris de Temari.
_Allez y, tuez moi, vous ne le saurez jamais!
_Mauvaise réponse.
Temari tendit ses doigts un à un, et les posa sur le torse à découvert de sa victime. Elle fit glisser sa main vers le cœur du jeune homme qui tressaillit, quelques larmes roulant sur ses joues. La jeune femme ne prit même pas la peine de le bâillonner, elle envoya une puissante décharge dans la poitrine du jeune homme qui hurla. Rapidement, pour ne pas le tuer, elle décolla sa paume.
_C'est mon dernier avertissement, ou tu paieras cher la prochaine fois.
_Donnez tout ce que vous avez... chuchota t-il à bout de souffle.
Elle le prit par la gorge et le souleva du sol d'une main. 
_Garde, apportez mon tisonnier et partez. 
L'homme immense obéit et tendit un tisonnier brûlant à la reine sombre, qui le saisit de sa main libre. Ensuite, il se retira. Temari passa sa langue sur les lèvres de l'ange qui eut un haut-le-cœur puis colla son front sur le sien.
_Regarde moi bien, car je suis le dernier visage que tu verras.
Elle pressa la pointe ardente du tisonnier sur le visage du prisonnier qui hurla à s'en déchirer les cordes vocale. De la douleur, il s'évanouit et s'écroula lorsque l'a jeune femme le lâcha. Elle lécha  avec délice la pointe du tisonnier, colorée d'orange. Cette vision glaça d'éffroi le garde qui avait assisté à toute la scène.
_Nous le ferons parler un jour... Pour l'instant, je dois retourner dans mes quartiers.


Le jeune homme battit des paupières. Il n'y voyait rien, un écran noir couvrait sa vue et une douleur immense lui vrillait le crâne et le visage. Soudain, la mémoire lui revint. Cette fille si belle, et pourtant si cruelle qui lui brûlait les yeux. La prisonnier se leva brusquement : ses mains et ses chevilles n'étaient plus entravées par des chaînes. Il voulut se lever mais cilla et faillit tomber à terre quand quelqu'un le soutint et l'aida à s'asseoir sur ce qui semblait être un lit. 
_Tu as eu beaucoup de chance, Leoden... conclut une voix douce et suave.
Le jeune homme était certain que cette voix appartenait à un ange, mais que faisait un ange ici, en enfer? 
_Qui êtes-vous? balbutia t-il.
_Je suis un ange tout comme toi, retenu captif ici pour soigner les prisonniers. Comme je te le disais, tu as eu de la chance...
_De la chance? rétorqua le jeune homme d'une voix amère.
Il effleura ses yeux opaques.
_Cette sorcière a pris mes yeux! Je suis aveugle!
Une main rassurante se posa sur son épaule.
_Elle aurait pu faire bien pire, crois moi. Ses sœurs ont souvent volé bras et jambes de leurs victimes. Elle n'est jamais allée plus loin que les yeux ou la langue. Dans ta position, elle aurait même pu te priver de tes attributs. Temari est la plus clémente des reines sombres.
En entendant parler de ses attributs, le jeune homme porta sa main à ses cuisses. Il avait bien senti que quelque chose clochait : il portait un pantalon. 
_C'est elle qui a exigé que tu sois soigné de tes blessures et que tu sois habillé. Cependant, aucun remède ne peut réparer ceci. ajouta l'homme en touchant les paupières closes de son patient. 
Une porte grinça et un garde entra dans la pièce.
_Sa Majesté Temari réclame l'ange aveugle.
Il ne laissa pas l'ange médecin répliquer, se saisit des poignets du captif et les lia ensemble à l'aide d'une épaisse corde noire. Il entraîna sans pitié le jeune homme derrière lui, qui marchait à tâtons de peur de tomber.Agacé, le garde le souleva comme un vulgaire sac et le jeta sur son épaule. Au bout de cinq longues minutes, l'homme posa à terre son fardeau et frappa à une porte. 
_Entrez! cingla une voix. 
Le sang de Leoden ne fit qu'un tour. Cette voix glaça chaque parcelle de son être. Il fut pousser dans une pièce et la porte se referma. Il était seul avec le monstre, car il ne sentait plus la présence du garde. Il entendit un bruit de pas : elle se déplaçait vers lui. Des doigts fins se posèrent sur les siens, et firent glisser ses liens.
_Tu ne me feras rien, dans ton état.
Puis elle le prit par le bras et l'allongea sur son propre lit. Il gémit au contact des draps froids comme la neige. Elle caressa la poitrine de son prisonnier avec plaisir et se délecta des frissons qu'il eut. 
_Pourquoi n'abrèges-tu pas tes propres souffrances? La vie d'un inconnu vaut-elle plus que la tienne? Tu l'as aperçu quoi... Quelques minutes! Juste le temps que ta Maîtresse dépose le Daikin sur sa peau... Pourquoi protéger cette personne?
Leoden déglutit et serra les poings.
_C'est mon devoir de protéger le porteur du Daikin. Peu importe ce que vous me ferez, ma langue ne se déliera pas.
Les doigts de Temari effleurèrent les lèvres du jeune homme. Avec tendresse, elle y déposa un baiser. Celui-ci avait un goût de cendre et de vanille mêlé. 
_Tu serais prêt à mourir pour le porteur? murmura t-elle en décollant sa bouche.
Leoden se mordit la lèvre inférieur et, dans un souffla, avoua simplement : 
_J'irai même dans le néant pour lui.
La reine sombre se figea. Toutes les personnes qu'elle avait côtoyé craignaient plus que tout d'atterrir dans le néant. Accepter de s'y faire jeter pour protéger quelqu'un était une preuve de bravoure sans nom.
_Tu es courageux, pour un ange.
_Et toi sucrée, pour une reine sombre.
   

lundi 25 juin 2012

Les créatures

Vrais démons

Loup-garou : Les loups-garous (la plupart masculins), regroupées en clans, sont des créatures mi humaines mi loups. Ils servent plus ou moins Esperanza, mais ne sont pas toujours fidèles, ils restent sauvages et maîtres d'eux-mêmes bien que respectant la hiérarchie de leur propre clan.

~

Vampire : Les vampires, vivant en essaims, ne jurent que par leurs souverain(e)s et donc n'obéissent que très rarement aux ordres d'Esperanza. La moitié du néant est peuplé de ces créatures, envoyées par la maîtresse des enfers qui n'apprécie pas vraiment qu'on lui désobéisse.

~

Esprits noir : Les esprits noirs, ou démons, sont les mauvaises influences crées par Esperanza. Ils sont ses plus dévoués serviteurs et lui offrent les âmes des mortels qu'ils ont tués. Les esprits noirs ont aussi une hiérarchie, bien que leurs ordres viennent tous de la souveraine du monde d'en bas.

~

Raskhân : Les raskhâns sont des esprits noirs entraînés à combattre les anges et à les torturer en cas de capture. La maîtresse en cette matière était Zelda, connue pour avoir soutiré un grand nombre d'informations à ses victimes. Elle a été bannie pour avoir essayé d'utiliser certaines informations contre ses supérieurs. Depuis, elle est enfermée dans un corps faible, mais personne ne sait lequel.

Serviteurs non démons

Ange déchu : Les anges déchus sont des anges ayant été corrompus ou torturés. La plupart du temps, les anges capturés sont déchus par les raskhâns qui leur noircissent les ailes grâce à leurs pouvoirs et les empêchent ainsi de rejoindre les terres des anges. Pas tous les anges déchus servent Esperanza.

~

Deklân : Les deklâns sont des mercenaires, ni ange ni démon. Ils naissent humain et acquièrent l'immortalité au cours de leur vie lorsqu'ils découvrent leur potentiel magique caché au fond de leur esprit (car chaque humain a un potentiel magique qui s'éveille à sa mort -> magie qu'il utilisera sous sa forme d'ange ou de démon. Chez certaines personnes, ce potentiel s'éveille au cours d'une vie normale et la rend immortelle). Ils peuvent aussi bien servir le bien que le mal.

vendredi 15 juin 2012

La prison

La prison est, après le néant, le lieu le plus sordide qu'il puisse exister. Les murs suintent de peurs. Des cris et des hurlements résonnent dans toutes les pièces. Un être, de quelconque espèce, succomberait à l'atrocité de cet endroit. 

La plupart des captifs sont des anges, qui sont emprisonnés afin d'être interrogés. Là-bas, ils sont torturés jusqu'à la mort. La maîtresse de ce lieu, la pire créature qui soit, était Zelda.

dimanche 8 avril 2012

Le néant

Le néant, là où finissent les vrais démons et les vrais anges, est la pire torture qui soit. Seul les ténèbres et le désespoir emplissent ces terres noires. L'agonie éternelle est promise à celui qui arrivera en ce lieu maudit. Il n'aura aucun espoir de revoir la lumière du jour ou encore les braises des enfers que toutes personnes préfèreraient au néant. Chaque foulée sur son sol fait de chair humaine est une torture pour l'esprit, car en cet endroit, on vous force à revivre les pires moments de votre vie... et pire, on vous fait revivre votre mort.

Errer dans le néant revient à agoniser pour l'éternité et à supplier Satan et Dieux d'abréger vos souffrances en vous faisant disparaître et en vous rayant des esprits, comme ils le font à la morts des anges irréels (humains devenus anges) et des démons engendrés (humains devenus démons).

Aussi appelé Abysses, le néant est un gouffre sans fond dont personne ne peut en faire réellement la description

Composition

vendredi 2 mars 2012

La famille royale

Esperanza, reine des enfers que les humains appellent Satan et la voient comme de sexe masculin, a mis au monde dans sa non vie sept enfants, dont quatre seulement avec son époux, Ryosei. De tous ses enfants, sa favorite reste Temari, qui lui ressemble énormément tant au niveau physique que du caractère. Celle-ci, contrairement à sœurs légitimes et illégitimes, ne profite pas vraiment de son rang afin de mener la vie dure à ses frères. En effet, en enfer ce sont les femmes qui sont au dessus des hommes. Elle reste plutôt à l'écart, assumant ses devoirs de princesse comme de sœur aînée. Ce tempérament attire, bien malgré elle, les pires fripouilles que les enfers renferme tel qu'Einon, un démon de la colère follement amoureux d'elle.

En bas, elle fut surnommée la Modeste, car peu vantarde sur ses dons particuliers comparé à ses sœurs et frères. De ce fait, elle attira donc les faveurs d'un démon de la colère, Einon. Celui-ci, profondément amoureux d'elle, était près à tout afin de capter son attention. Après toutes ses cuisantes vestes, il décida de créer une Temari, qu'il garderait près de lui. Ainsi, il vola un peu d'essence démoniaque à sa belle (sang de démon) et la mêla à la sienne pour créé un être qui, aux yeux des lois d'en bas, fut considéré comme leur progéniture. Il garda le secret sur l'existence de cette petite fille ressemblant fortement à sa mère durant quatre années de démon. Étroitement liée à sa génitrice, la petite tissa une ruse pour fuir sa prison dorée et la rejoindre. Même si elle ne l'a jamais vue, elle l'aime déjà tout aussi fort que son père peut aimer sa mère.

dimanche 8 janvier 2012

La monarchie des enfers

Seigneur des enfer :

Esperanza ou satan (Reine)
Ryosei (Roi)


Princesses (légitimes donc père => Ryosei) :

Temari (aînée)
Sullie


Princesses (illégitimes donc amants d'Esperanza) :


Pandora père => Ace (seigneur des démons de la cupidité)
Jericho père => Azazel (démon de la luxure)


Princes (légitimes donc père => Ryosei) :


Aslan
Drake


Princes (illégitimes donc amants d'Esperanza) :

Link père => Ace (seigneur des démons de la cupidité)


Descendance des princes et princesses :

Hermione fille de Temari et d'Einon (démon de la colère)
Mickaëla fille d'Aslan et de Blaze (loup garou)